De retour d’une mission de 5 années à Hong-Kong, vous êtes promu à la tête d’une équipe de 10 personnes venant d’horizons très différents : Séoul, San-Francisco, Berlin, Paris… Votre connaissance du marché, votre maîtrise des langues, votre facilité à vous adapter ont joué en votre faveur. Malgré tout, vous savez que si la diversité est source de richesses, elle rime aussi souvent avec complexité. Pour vous aider à y voir plus clair, voici notre abécédaire du management interculturel.

 

A comme Apprenez à connaître vos collaborateurs 

En tant que manager, votre rôle va être de vous adapter en premier lieu à un individu, plutôt qu’à une culture. Un homme ou une femme, un jeune ou un senior, qui compose votre équipe avec ses compétences, son bagage d’expériences, d’histoires personnelles, en plus de son bagage culturel : sa langue, son pays, sa région même, ses valeurs…

Le management interculturel n’implique pas seulement de comprendre la diversité des cultures du monde, il s’agit aussi de permettre à l’entreprise de (re)trouver toute sa raison d’être en valorisant les talents de chacun.

 

B comme Bousculez vos références

Séjours à l’étranger, contacts réguliers avec différentes nationalités… Toute première approche de l’international accroît vos chances de réussite. Pourtant, cela ne doit pas vous empêcher de travailler sur vous-même, de vous interroger sur vos valeurs et vos propres référents culturels.

Ainsi, comprendre ses automatismes culturels (vous sentez le stress monter dès que vous avez 10 minutes de retard ? C’est que dans notre civilisation occidentale, la notion de ponctualité est très fortement ancrée et qu’il est difficile de s’en défaire…) ou s’intéresser à la langue de l’autre (surtout si l’on manage une équipe dans un autre pays que le sien), vous permettront de jouir d’un meilleur leadership que ceux qui se cantonnent dans leur propre champ culturel.

Ceci implique une véritable ouverture d’esprit : une bonne connaissance de soi, qui admet la remise en cause, et une acceptation de l’autre dans toutes ses différences.

 

C comme Comprenez les différences 

Vous l’aurez compris, ne vous mettez pas d’œillères : ni déni de la différence (au risque de heurter vos collaborateurs par votre inflexibilité), ni tendance aux préjugés (non, les gens ne rentrent pas dans des cases toute faites !).

Les dissemblances existent et résident souvent dans le mode de communication, la gestion du temps et la relation à l’autre. Les occidentaux par exemple accordent une importance prédominante aux mots tandis qu’en Asie notamment, le contexte du message l’emporte, avec un rôle très important des signes non verbaux, comme le regard, l’intonation ou les expressions du visage…

Ces différences doivent cependant être maniées avec précaution : de nos jours, beaucoup de personnes bougent, étudient et travaillent à l’étranger, s’imprégnant de vernis culturels successifs.

 

D comme Déterminé dans la durée !

Enfin, il vous faudra une bonne dose de détermination pour arriver à mener votre équipage multiculturel là où vous souhaitez qu’aille votre navire. Pour cela, gardez toujours en tête vos objectifs à long terme. Expliquez-les, montrez régulièrement vos résultats, faites-les coïncider avec les objectifs individuels de chacun. C’est ce qui vous permettra de garder le cap malgré la houle et les obstacles.

C’est ce qui vous permettra aussi de fidéliser et de gagner votre équipe à vos ambitions. Un manager déterminé, qui sait où il va et pourquoi, gagnera le respect et la confiance de ses collaborateurs : il incitera plus facilement à l’action. Et cela d’autant plus, s’il s’implique lui-même et montre la voie à suivre…

 

En conclusion, manager aujourd’hui réside essentiellement dans la façon de gérer la diversité des hommes, en y intégrant sans cesse des éléments nouveaux (que ce soit la culture, la religion, le genre, la génération…), et dans la façon dont vous allez communiquer votre message.

« Faire vivre ensemble des hommes venus de contextes différents, […], c’est garantir l’efficacité de l’entreprise en redonnant du sens à l’action collective. »*

*Clair MICHALON, consultante.